site_charles.jpgDans un entretien publié dans le numéro 22 de la revue Charles (en kiosque et en librairie le mercredi 21 juin) qui consacre un dossier aux relations entre politique et littérature, Yann Moix revient entre autres sur son passé de plume. On y apprend qu'il a écrit des discours pour Jack Lang. Extraits. 


Vous avez écrit des discours politiques, notamment pour Philippe Douste-Blazy.


Oui, à l’époque où il était ministre de la Culture. J’avais besoin d’un peu d’argent, donc j’écrivais des discours. J’ai aussi écrit un petit livre pour lui, qui n’a jamais été publié, à propos de l’Europe. Je sortais alors de Sciences Po. J’ai aussi écrit des discours pour Jack Lang. Il m’appelait parfois de Chine ou du Japon, à 3 heures du matin : « Il me faudrait un discours sur Hiroshima pour demain. » (Rires) À l’époque, en 1995-1996, je n’avais pas Internet. Il fallait faxer et utiliser son jus de crâne. On n’avait pas forcément la documentation. J’écrivais les discours à la main et je les envoyais par fax. Je n’avais jamais vraiment de retour, donc je ne sais pas s’il les utilisait ou pas. C’est horrible, ce travail. Tu n’es jamais remercié, jamais vraiment complètement payé. Un jour, j’avais pris tout un dimanche pour donner des idées à Jack Lang pour un « 7 sur 7 » avec Anne Sinclair. J’avais dit à tous mes potes : « Tu vas voir, il va recycler tout ce que je lui ai dit. » Il n’y avait même pas la moitié d’une phrase… Des dimanches et des week-ends partent ainsi en fumée. Pour financer un voyage au Brésil, j’ai aussi écrit les discours de Jean-Michel Baylet (Parti radical de gauche – NDLR), pendant presque un an. Comme j’envoyais tout ça par fax, j’écrivais sans rature, avec une belle écriture, pour qu’il puisse les lire.


Comment s’est présentée l’opportunité d’écrire ces discours ?


La femme de Jean-Paul Enthoven, éditeur chez Grasset, était à l’époque assistante de Baylet. Et moi, j’avais besoin d’argent. Je demandais toujours à Jean-Paul s’il n’avait pas un plan. Et c’est vrai qu’il y a toujours un peu d’argent à se faire dans les partis politiques quand t’es jeune ou étudiant. C’est toujours un peu tombé du ciel. Ça m’a quand même payé un tour du Brésil ! Parce que le Parti radical de gauche, lui, payait. Pour les autres, il fallait toujours insister.


Propos recueillis par Arnaud Viviant & Myriam Thibault. Photo : Arnaud Meyer

L'intégralité de l'entretien avec Yann Moix est à lire dans Charles n°22, Politique & Littérature, Été 2017

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