Dans un entretien publié dans le numéro 19 de la Revue Charles (en kiosque et en librairie le mercredi 5 octobre) qui consacre un dossier à l'argent en politique, Wallerand de Saint-Just, trésorier du Front national revient sur les relations compliquées que le parti entretient avec l'argent, et sur son métier, qu'il juge « dangereux ». Extraits. 

Propos recueillis par Mathilde Siraud

Portrait Arnaud Meyer

Saint-Just_Charles19.jpgWallerand de Saint-Just : L’affaire contre le FN ne repose sur rien, le dossier est vide, nous sommes tous innocents. Nous n’avons jamais voulu détourner des deniers publics en surfacturant. Cela n’existe pas. Je n’ai jamais eu confiance en la justice de mon pays. Quand on est condamné dans ce genre d’affaire, c’est qu’on n’est pas assez défendu. La machine du juge d’instruction, de la police, c’est énorme. Il faut faire des efforts considérables pour y résister. Nous ne serons pas renvoyés en correctionnelle ou bien nous serons relaxés. On peut très bien faire des bonnes campagnes avec les moyens qui sont alloués. Là, l’angoisse, pour 2017, n’est pas d’obtenir les 8 ou 12 millions d’euros, mais d’être accusé d’avoir dépassé les comptes de campagne de 0 à 500 000 euros. On a été sidérés par l’histoire des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy. 

Vous avez été quand même mis en examen en septembre 2015 pour recel d’abus de biens sociaux… 

La police et le juge d’instruction ne comprennent rien du tout. On y passe des heures. Ça commence à fumer un peu mais ils ont des réactions… On est sidérés. Mis en examen? Ça m’est complètement égal. C’est la vie! J’ai toujours dit que la mise en examen était une garantie du justiciable. Il faut laisser à la police et au juge la possibilité d’écarter très vite un innocent. Trésorier d’un parti politique, c’est un métier très dangereux. 

Dangereux, vraiment ? 

Les juges, les magistrats ont une mauvaise opinion des responsables politiques et de ce qui se passe dans les partis. Les lois votées à partir de 1995 permettent de subventionner les partis politiques et les candidats par de l’argent public. À l’époque, c’était pour lutter contre la corruption, pas en punissant, mais en disant, «vous n’aurez plus besoin de la corruption». Mais la corruption existe toujours, 15 millions d’euros ce n’est pas assez. Il y a eu des abus et les juges sont très rapides à nous tomber sur le poil. Le trésorier est en première ligne. 

Est-ce qu’être trésorier, c’est faire le sale boulot dans un parti ?

Dans un sens oui, car cela consiste à dire « non » à tout le monde, tout le temps. Je suis un cost killer, un tueur de coûts. Malgré la période faste, nous n’avons pas beaucoup d’argent. Je suis perpétuellement en train de faire des économies. S’il y avait une troisième classe, je ferais voyager les gens en troisième classe. Les gens me détestent !

L'intégralité de l'entretien avec Wallerand de Saint-Just est à lire dans Charles n°19, Argent & Politque, Automne 2016

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