Alister
LE LIVRE
– Vous savez ce que mangent les girafes ? me demanda-t-elle.
– Non, répondis-je prudemment, en m’essuyant la bouche avec un keffieh traînant sur le divan. Et en me protégeant la jugulaire.
C’était alors une fatiguée de la plus belle espèce. Je me surprenais à la redéfinir, poussé par un désir sans sexe. Avec ces yeux qui paraissaient n’avoir jamais pleuré et ce rire coupant comme un jeu d’échecs en cristal. Elle m’offrit, pour finir cette agape introductive, un thé déculpabilisant. Et commença un laïus qui semblait longuement mûri, au point qu’elle donnait parfois l’impression de réciter.
Se disant « travaillée par le doute », elle m’annonça qu’elle avait décidé de dissoudre le gang des Gentlemen. Pour ma part, après dix-huit mois de service, et pour récompenser mon implication et mon culot, elle faisait donc de moi « le dernier des Gentlemen ». « Et en quoi cela m’oblige ? » lui rétorquai-je. Elle me tendit une espèce d’in-folio jauni, voire orangé : « Cette partition ne va nulle part, mais elle va loin », me dit-elle. Elle m’embrassa le front, me caressa les cheveux, comme une mère sûre de ses sentiments le ferait, puis disparut de ma vie.
L’AUTEUR
Alister est auteur, compositeur, interprète ayant à son actif trois albums (Aucun mal ne vous sera fait, Double détente, Mouvement perpétuel), des sketches pour la télévision (« La Minute blonde », « Un gars, une fille »), des essais (Anthologie des bourdes et autres curiosités de la chanson française, Anthologie des méchants et autres salauds du cinéma français, La femme est une dandy comme les autres, La Bibliothèque impossible), et une revue (Schnock, dont il s’occupe depuis 2011). Le Dernier des Gentlemen est son premier roman.
ISBN 978-2-35461-308-2
14X19 cm, 128 pages,
14,50 €
Parution le 15 janvier 2025
« On vous prévient, vous allez être bousculé »
Jean-Noël Levavasseur, Ouest France
« Le talentueux Alister (chanteur, auteur, journaliste, revue Schnock…) sort son premier roman. Un univers délirant où l’on retrouve la plume caustique de l’auteur qui se revendique du style “nonsense” ! »
Stéphane Glo, Fnac Boulogne
« Un premier roman surréaliste »
Bruce Tringale, Rocksound
« Un livre déconcertant, poétique, échevelé, sophistiqué, je vous le conseille »
Anne Fulda, « L’Heure des livres »
« Farandole du vocable rare et tournures excorbutiques. Non-sens brittons et aphorismes abstrus. Entre Isodore, Lucien Ducasse et Boris Vian, Alister se faufile. Avis aux concerné.e.s Enjoy. »
Laurent Chalumeau, Instagram